Grilles indiciaires écrasées, pouvoir d’achat en recul, carrières peu attractives, poids croissant des primes… Le rapport sur les rémunérations présenté le 16 septembre au Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT) pose un constat sévère. Pour l’UNSA Territoriaux, les solutions sont connues : il faut maintenant passer aux actes.
Des rémunérations qui fragilisent toute la territoriale
Le constat dressé par le CSFPT est clair : la question des rémunérations est devenue un problème structurel pour la fonction publique territoriale, qui reste le versant de la fonction publique où la rémunération moyenne est la plus faible.
Perte de pouvoir d’achat, tassement des grilles, manque de reconnaissance des qualifications, carrières peu attractives… Pour l’UNSA Territoriaux, les conséquences dépassent largement la fiche de paie : difficultés de recrutement, départs vers le privé et métiers en tension fragilisent aussi les équipes et le service public de proximité.
Refaire les grilles et redonner du sens aux carrières
Première priorité pour l’UNSA Territoriaux : une refonte structurelle des grilles indiciaires. Il faut retrouver de véritables écarts entre les échelons et les grades afin que l’ancienneté, les qualifications et les évolutions de carrière se traduisent réellement sur la rémunération.
Le CSFPT propose notamment d’ajouter des échelons en fin de carrière et d’étudier le reclassement en catégorie B de certains cadres d’emplois aujourd’hui en catégorie C. Pour les filières sociale et médico-sociale, il préconise également de sortir des grilles dérogatoires dites « petits A » et « petits B ».
Pour l’UNSA, il faut reconstruire de véritables perspectives de carrière et mieux reconnaître les métiers aujourd’hui insuffisamment valorisés, notamment dans les filières fortement féminisées.
Point d’indice : la revalorisation ne peut plus attendre
Refondre les grilles ne suffira pas. Les augmentations successives du SMIC ont progressivement rattrapé les premiers échelonsde catégories C et B, réduisant les écarts et la reconnaissance des qualifications. L’UNSA Territoriaux revendique donc une revalorisation de la valeur du point d’indice, avec une indexation annuelle sur l’inflation ou, à défaut, le rétablissement immédiat de la GIPA.
Employeurs territoriaux et organisations syndicales s’opposent également à une décorrélation de la valeur du point entre les trois versants de la fonction publique. Le rapport défend au contraire la mise en place de négociations salariales nationales annuelles.
IFSE et primes : davantage de transparence et d’équité
Le régime indemnitaire occupe une place croissante dans la rémunération. Mais pour l’UNSA Territoriaux, il ne doit pas devenir une variable d’ajustement destinée à compenser la faiblesse du traitement indiciaire, ni accentuer les inégalités entre agents et collectivités.
L’UNSA Territoriaux demande notamment l’inscription d'une IFSE obligatoire dans le Code général de la fonction publique et des critères d’attribution transparents et neutres. Le rapport préconise lui aussi un meilleur équilibre entre traitement indiciaire et régime indemnitaire, ainsi qu’une modernisation de la NBI pour mieux reconnaître les responsabilités et les expertises exercées.
Un rapport de plus ? Il faut maintenant des actes
Les propositions du CSFPT ne sont pas, à ce stade, de nouveaux droits applicables aux agents. Mais elles confirment des constats et des revendications portés depuis longtemps par l’UNSA Territoriaux.
Refonte des grilles, revalorisation du point d’indice, reconnaissance des qualifications, carrières plus attractives, réduction des inégalités et meilleur encadrement du régime indemnitaire : les chantiers sont identifiés.
Les revalorisations engagées pour l’encadrement supérieur territorial ont montré qu’il était possible de repenser les rémunérations et les parcours. L’équité impose désormais que cette dynamique bénéficie à l’ensemble des agents. Pour l’UNSA Territoriaux, la crise d’attractivité n’est pas une fatalité. Les solutions existent. Elles sont documentées et désormais sur la table et partagées entre les représentants de organisations syndicales et des employeurs territoriaux : il faut passer aux actes.
Rémunérations des agents territoriaux : pour l’UNSA, l’urgence est d’agir
