Vie chère dans les DROM : défendre le pouvoir de vivre

Rédigé le 14/10/2026

Vie chère dans les DROM : défendre le pouvoir de vivre
Alimentation, logement, énergie, transports, télécommunications, santé : dans les territoires ultramarins, les dépenses contraintes pèsent lourdement sur le quotidien. Pour l’UNSA Territoriaux, la vie chère n’est pas une fatalité. Elle impose d’agir à la fois sur les rémunérations, les prix, l’emploi et les services publics pour permettre aux agents de vivre dignement de leur travail.

Des prix plus élevés, des revenus plus faibles


Éloignement, insularité, dépendance aux importations, faiblesse des revenus ou concentration économique : les causes de la vie chère sont multiples et diffèrent selon les territoires. Elles nécessitent donc des réponses durables et adaptées aux réalités locales. Par exemple, à La Réunion les chiffres donnent une mesure du problème : les prix sont en moyenne 9 % plus élevés qu’au niveau national, avec un écart qui atteint 37 % pour l’alimentation, tandis que le revenu médian par unité de consommation est inférieur de 27 %.


Ces écarts touchent particulièrement les agents aux rémunérations les plus faibles, les familles monoparentales, les jeunes agents et les contractuels. Ils se traduisent aussi par des difficultés croissantes pour se loger, se déplacer ou faire face aux dépenses du quotidien.


Pour les collectivités, les conséquences sont également concrètes : difficultés de recrutement et de fidélisation, carrières et mobilités fragilisées, inégalités entre agents et perte d’attractivité des emplois territoriaux.

Les dispositifs de vie chère ne sont pas des privilèges


Les majorations et indemnités spécifiques aux territoires ultramarins répondent à des contraintes réelles. Elles ne constituent pas un avantage de confort : elles compensent seulement une partie des écarts de coût de la vie. Pour l’UNSA Territoriaux, ces dispositifs doivent être maintenus, sécurisés et améliorés, sans mécanisme de dégressivité défavorable. Leur prise en compte dans les droits sociaux et la retraite doit également progresser.


Mais compenser ne suffit pas. La question posée est celle du pouvoir de vivre : pouvoir se nourrir correctement, se loger, se déplacer, élever ses enfants et exercer son métier dans de bonnes conditions.

Huit revendications pour agir durablement


L’UNSA Territoriaux porte huit priorités pour lutter contre la vie chère et redonner des perspectives aux agents ultramarins :

  • revaloriser durablement les rémunérations, avec une action sur le point d’indice, les bas de grille, les carrières et les régimes indemnitaires ;
  • maintenir et améliorer les dispositifs de vie chère dans tous les territoires ;
  • renforcer l’action sociale, notamment pour le logement, la restauration, les transports, la protection sociale complémentaire, la garde d’enfants et les aides d’urgence ;
  • imposer davantage de transparence sur les prix, les marges, le fret, l’octroi de mer et les situations de monopole, avec un contrôle renforcé des secteurs essentiels ;
  • soutenir la production locale et les circuits courts, en utilisant notamment la commande publique comme levier d’emploi et de réduction de la dépendance aux importations ;
  • renforcer le dialogue social territorial entre l’État, les collectivités, les syndicats, les acteurs économiques et les représentants de la population ;
  • construire un plan pérenne pour l’emploi, avec la fin des CDD à répétition, la transformation des emplois précaires en postes permanents et la résorption de la sous-traitance abusive ;
  • garantir aux contractuels une rémunération juste, avec des grilles et minima adaptés, la majoration outre-mer ainsi que l’accès aux dispositifs de vie chère, d’action sociale et de formation.

L’analyse de l’UNSA Territoriaux fait ressortir trois priorités : agir sur les prix, augmenter les revenus du travail et développer l’emploi local pérenne. L’UNSA demande également que les collectivités soient pleinement associées aux politiques de lutte contre la vie chère et que leur efficacité soit suivie à partir d’indicateurs concrets sur les rémunérations, le logement, les déplacements, l’emploi ou encore la qualité du service public.


Pour l’UNSA Territoriaux, combattre la vie chère dans les DROM, c’est défendre bien davantage que le pouvoir d’achat. C’est garantir le pouvoir de vivre et construire une fonction publique territoriale ultramarine reconnue, attractive et respectée.

Vie chère dans les DROM : défendre le pouvoir de vivre